

George Sand.
Frédéric Chopin.

Le 8 novembre 1838, en provenance de >Barcelone, Frédéric Chopin et George Sand accompagnée de ses enfants, Maurice et Solange, débarquent dans le port de Palma aux premières heures du jour. Majorque est, à l'époque, envahie par les réfugiés fuyant la guerre civile. Ils ne trouveront refuge que dans une pension où ils se partagent deux toutes petites chambres sales et sans confort. Las du bruit, ils louent alors une maison de campagne « Son Vent », (maison du Vent), dans le village d'Establiments à quelques kilomètres de la capitale.
Mais après trois semaines de beau temps et de bonheur, la pluie se met à tomber. La petite villa devient la maison des courants d'air. Chopin tousse et sa maladie se ravive.
Les paysans qui ne voient déjà pas d'un bon œil d'avoir le voisinage d'un couple illégitime, les suspectent de toutes les maladies contagieuses possibles. Poussés par la vindicte populaire, ils sont chassés tels des pestiférés par leur propriétaire « pour la raison qu'ils hébergeaient une personne qui tenait une maladie répugnante. » Après un court passage chez le consul de France à Palma, ils emménagent le 15 décembre 1838 à la chartreuse de Valldemossa, alors désaffectée. Là encore, la population n'apprécie pas la venue de ces étrangers qui s'installent dans les cellules des moines.

George Sand doit faire front de tous côtés ! Elle s'occupe de Chopin toujours malade, de ses enfants, de l'intendance et, à l'occasion, de l'écriture de son roman Spiridion. Chopin, lui, compose et joue. Il attend avec impatience le piano Pleyel qu'il a fait venir de Paris et qui est toujours bloqué par la douane. Il réussira quand même à écrire ses plus beaux préludes sur un pauvre piano majorquin. Malheureusement, le temps se dégrade et son état de santé s'aggrave. Les locataires de la chartreuse deviennent de plus en plus suspects aux yeux des villageois. Qui sont ces gens qui ne vont même pas à la messe ? Des ennemis de leurs coutumes, sans aucun doute ! On leur fait donc payer le moindre légume une fortune. Chopin ne supporte plus Majorque. George Sand n'osant pas quitter le malade, le couple décide de partir le 11 février 1839. ■


La chartreuse de Valldemossa se dévoile au détour d'un virage de la route en lacets qui serpente dans la montagne. Le regard est alors immédiatement attiré par son clocher couvert de carreaux verts en faïence catalane.
Vers la fin du XIII' siècle, Jacques II de Majorque fit édifier un château qui devint sa résidence favorite. Un siècle plus tard, le roi, Martin l'Humain, en fait don à l'ordre des Chartreux, fondé en 1084 par saint Bruno, en France.
Demandez au propriétaire de l'église, monument néoclassique remontant à 1751, de vous éclairer la coupole. Les fresques qui la décorent sont dues au génie pictural du frère chartreux, Miguel Bayeu, beau-frère du célèbre peintre Goya. En fait, il était surtout le frère de Francisco Bayeu, peintre de la chambre du roi, Charles III d'Espagne.
Autour de la chartreuse, l'ambiance religieuse reste présente et toujours aussi fervente. Dans les ruelles en pente du petit village, presque toutes les façades des maisons sont décorées de motifs en azulejos, souvent près de la porte, et relatent la vie de la seule sainte majorquine : Catalina Tomas, née à Valldemossa en 1553. Vénérée dans toute l'île, le 20 juillet de chaque année, une procession importante célèbre sa naissance.
La copie ou la reproduction de texte, photographie ou vidéo est strictement interdite sans autorisation écrite du site.
©2010 Réalisation: Éditions Vacances Nature pour Vacances aux Baléares